# Comment fabriquer un support de panneau solaire au sol facilement ?
L’installation de panneaux solaires au sol gagne en popularité auprès des particuliers et des professionnels souhaitant maximiser leur production énergétique. Contrairement aux installations en toiture, cette solution offre une flexibilité inégalée en termes d’orientation, d’inclinaison et d’accessibilité pour la maintenance. Fabriquer vous-même votre support au sol représente une économie substantielle, pouvant atteindre 40% du coût total d’une installation professionnelle clé en main. Cette approche nécessite toutefois une compréhension approfondie des contraintes structurelles, des matériaux adaptés et des techniques d’assemblage pour garantir sécurité et durabilité. Un support mal dimensionné risque non seulement d’endommager vos panneaux coûteux, mais peut également présenter des dangers en cas de vents violents ou de fortes chutes de neige.
Calcul de la charge structurelle et dimensionnement du support au sol
Avant de vous lancer dans la fabrication, vous devez impérativement calculer les charges que votre structure devra supporter. Cette étape détermine la sécurité et la longévité de votre installation photovoltaïque. Selon les statistiques de l’industrie, près de 15% des sinistres sur installations solaires résultent d’un dimensionnement insuffisant face aux contraintes climatiques. Le poids des panneaux eux-mêmes constitue la charge permanente, mais les charges temporaires liées aux intempéries peuvent dépasser largement cette valeur.
Détermination du coefficient de prise au vent selon les normes eurocode
Le vent représente la contrainte la plus critique pour votre support au sol. Les normes Eurocode 1 partie 1-4 définissent précisément les méthodes de calcul de cette charge. Vous devez d’abord déterminer la zone de vent de votre région, allant de 1 (vents faibles) à 4 (vents extrêmes sur le littoral). Pour un panneau incliné à 30°, le coefficient de pression peut atteindre 1,3 en pression et -1,8 en dépression sur la face arrière. Un panneau de 2 m² dans une zone 3 subira ainsi une force d’arrachement pouvant dépasser 400 N par mètre carré lors de rafales à 130 km/h.
La hauteur de votre installation influence également ce coefficient. Plus votre structure est proche du sol, plus elle bénéficie de l’effet protecteur du terrain. Une installation à 50 cm du sol subit environ 20% de charge en moins qu’une installation à 2 mètres. Vous devez également considérer l’effet de groupe : plusieurs panneaux alignés créent des turbulences qui amplifient les efforts sur les modules situés en périphérie. Le coefficient de prise au vent doit être majoré de 15% pour les panneaux situés aux extrémités de votre installation.
Calcul de la charge de neige et résistance aux intempéries
Dans les régions concernées, la neige constitue une contrainte majeure. Les normes NF EN 1991-1-3 définissent cinq zones de neige en France, avec des charges allant de 45 kg/m² en zone A1 jusqu’à 140 kg/m² en zone E (haute montagne). Pour un panneau incliné, cette charge doit être multipliée par un coefficient de forme qui dépend de l’angle : à 30°, le coefficient atteint 0,8, tandis qu’au-delà de 60°, la neige glisse naturellement. Votre dimensionnement doit intégrer une marge de sécurité de 50% sur ces valeurs
Pour un support de panneaux solaires au sol, ces charges de neige s’additionnent aux efforts dus au vent et au poids propre de la structure. Vous devrez donc vérifier que vos profilés, vos ancrages et vos assemblages résistent à la combinaison la plus défavorable, par exemple vent fort + neige partielle accumulée sur un côté de l’installation. En pratique, les bureaux d’étude appliquent souvent un coefficient de sécurité global supérieur à 1,5 pour tenir compte des incertitudes (variabilité du climat, vieillissement des matériaux, défauts de pose). Si vous habitez en zone à risque (montagne, plateau exposé), il peut être judicieux de réduire légèrement la portée entre appuis ou d’augmenter la section des profilés afin de limiter la flèche et les risques de déformation à long terme.
Dimensionnement des profilés acier galvanisé ou aluminium 6061-T6
Une fois les charges connues, vous pouvez dimensionner les profilés de votre support de panneau solaire au sol. L’acier galvanisé et l’aluminium 6061-T6 sont les deux matériaux les plus courants pour les structures extérieures grâce à leur bon compromis entre résistance mécanique et durabilité. À titre indicatif, un profilé en tube acier carré 40x40x2 mm peut convenir pour des portées inférieures à 1,5 m avec une file de 2 à 3 panneaux, tandis qu’au-delà, on privilégiera du 50x50x3 mm ou des cornières renforcées. En aluminium, la rigidité étant plus faible que l’acier, il faudra généralement augmenter légèrement les sections ou réduire les portées libres.
Le calcul détaillé de la résistance des profilés s’appuie sur le moment fléchissant maximal et le module de résistance des sections. Sans entrer dans les équations, retenez une règle pratique : plus la portée entre deux appuis augmente, plus le moment fléchissant croît de manière exponentielle. Il est donc souvent plus économique d’ajouter un appui intermédiaire (pieu ou plot béton) que de surdimensionner fortement tous les tubes. Sur le terrain, nous visons généralement une flèche maximale inférieure à L/200 (L = portée en mm) pour éviter toute impression de “pompage” sous le vent et préserver l’alignement des modules photovoltaïques sur le long terme.
Espacement optimal entre les pieux et répartition des charges
Le bon espacement entre les pieux ou plots de fondation conditionne la stabilité globale de votre structure de panneaux solaires au sol. En pratique, pour des supports de 1 rangée de panneaux en portrait, un entraxe de 1,2 à 1,8 m entre pieux convient dans la plupart des configurations domestiques. Pour plusieurs rangées de modules (2 ou 3 hauteurs), on réduit souvent cet entraxe ou l’on ajoute une lisse longitudinale porteuse supplémentaire pour mieux répartir les charges. L’objectif est d’éviter qu’un seul pieu ne supporte la majorité des efforts d’arrachement en cas de vent extrême.
Sur sols meubles (terre végétale épaisse, remblais récents), il est prudent de rapprocher légèrement les ancrages et d’augmenter la profondeur d’implantation. Imaginez votre structure comme un tabouret : plus les pieds sont nombreux et correctement répartis, moins elle risque de basculer. Vous pouvez réaliser un schéma avec les réactions aux appuis estimées (par panneau ou par travée) afin de vérifier que chaque pieu reste dans sa plage de charge admissible. En cas de doute, n’hésitez pas à surdimensionner de 20 à 30% : le coût de quelques pieux supplémentaires reste bien inférieur à celui d’un sinistre ou d’une reconstruction.
Choix des matériaux et quincaillerie pour un support durable
Le choix des matériaux et de la visserie pour un support de panneau solaire au sol conditionne directement sa durée de vie. Une structure bien dimensionnée mais réalisée avec une quincaillerie inadaptée pourra se corroder en quelques années, surtout en environnement salin ou industriel. À l’inverse, investir dès le départ dans des profilés métalliques de qualité et des fixations inox permet de viser une durée de vie de 20 à 30 ans sans remplacement majeur. Voyons quels éléments privilégier pour un support photovoltaïque réellement durable.
Profilés métalliques : cornières, tubes carrés et rails de fixation
Pour la structure principale, les tubes carrés ou rectangulaires en acier galvanisé sont souvent la solution la plus robuste pour un support de panneau solaire au sol. Ils offrent une bonne résistance à la flexion et à la torsion, tout en facilitant le perçage et l’assemblage par boulonnage. Les cornières (profilés en L) complètent idéalement ce dispositif pour réaliser des équerres, des renforts diagonaux ou des appuis secondaires sous les rails de fixation. En aluminium, les profilés extrudés type 40×40 ou 45×45 rainurés permettent des montages modulaires très précis, mais à un coût parfois supérieur.
Les rails de fixation spécifiques photovoltaïques (type Schletter, K2 Systems ou équivalents) sont conçus pour recevoir les pinces de modules et assurer une répartition homogène des efforts. Ils se fixent sur vos montants verticaux ou traverses par boulons M8 ou M10. Vous pouvez également utiliser des tubes ronds acier associés à des raccords de type KEE KLAMP pour un montage ajustable sans soudure. Dans tous les cas, assurez-vous que les profilés choisis disposent d’une épaisseur minimale de 2 mm pour résister au poinçonnement et aux efforts répétés du vent.
Visserie inox A2 et boulons M8-M10 adaptés aux structures extérieures
La visserie constitue souvent le maillon faible d’un support de panneaux solaires au sol mal conçu. Pour une installation extérieure, il est fortement recommandé d’utiliser de la visserie inox A2 au minimum, voire A4 (qualité marine) en bord de mer ou zones très humides. Les diamètres les plus courants sont M8 et M10, suffisants pour solidariser rails, cornières et montants tout en restant faciles à mettre en œuvre avec des outils standards. Évitez les vis auto-perceuses bas de gamme, qui rouillent rapidement et perdent leur résistance mécanique.
Un mélange inapproprié de matériaux (par exemple, vis zinguées sur aluminium) peut provoquer des phénomènes de corrosion galvanique. Pour limiter ce risque, veillez à assortir autant que possible la nature des métaux utilisés ou à interposer des rondelles en matière isolante. Prévoyez également des rondelles larges sous les têtes de vis et écrous, afin de répartir les efforts et d’éviter le matage du métal à long terme. Une goutte de frein-filet (type Loctite) sur les assemblages les plus sollicités vous garantira que rien ne se desserre sous l’effet des vibrations du vent.
Systèmes d’ancrage au sol : pieux battus versus plots béton
Pour l’ancrage au sol de votre structure de panneaux solaires, deux grandes familles de solutions s’offrent à vous : les pieux battus ou vissés, et les plots béton. Les pieux battus (ou pieux vissés) en acier galvanisé ont l’avantage d’une pose rapide, propre et réversible, sans besoin de béton ni de temps de séchage. Ils conviennent particulièrement aux sols meubles à compacts et aux projets où l’on souhaite limiter l’impact sur le terrain. Leur résistance à l’arrachement dépendra de la longueur, du diamètre et de la nature du sol.
Les plots béton, quant à eux, offrent une base extrêmement stable et adaptée aux terrains exposés ou aux structures plus lourdes. Ils nécessitent cependant des travaux de terrassement, du coffrage et un délai de cure (au moins 21 à 28 jours pour atteindre leur résistance nominale). On peut y sceller des tiges filetées ou des platines métalliques pour venir boulonner ensuite les montants verticaux. Le choix entre pieux et plots se fait souvent en fonction de la topographie, du budget et de l’accessibilité du chantier. Vous hésitez entre les deux ? Une solution hybride est possible, avec pieux pour les travées intermédiaires et plots béton aux extrémités les plus sollicitées.
Protection anticorrosion : galvanisation à chaud et peinture époxy
Pour garantir la durabilité d’une structure de panneaux solaires au sol, la protection contre la corrosion est essentielle. L’acier galvanisé à chaud offre l’une des meilleures protections disponibles, avec une couche de zinc de 70 à 100 microns pouvant assurer une tenue de 20 à 30 ans en atmosphère rurale. Veillez à ne pas trop meuler ni percer les zones galvanisées : chaque enlèvement de matière affaiblit la barrière protectrice. En cas de découpe ou de soudure, appliquez systématiquement une peinture galvanisante à froid sur les zones mises à nu.
La peinture époxy bicomposant constitue une autre solution performante, souvent utilisée en complément de la galvanisation (système duplex). Cette combinaison crée une barrière physique et électrochimique très efficace, particulièrement appréciée en environnement marin ou industriel agressif. Pour les parties en aluminium, une anodisation ou un thermolaquage de qualité renforce également la résistance aux intempéries et aux UV. Comme pour un bon imperméable, l’idée est de multiplier les couches de protection pour que l’acier ou l’aluminium sous-jacent ne soit jamais directement exposé aux éléments.
Techniques d’ancrage et fondations pour panneaux photovoltaïques au sol
Une structure de support pour panneaux solaires au sol ne vaut que par la qualité de ses ancrages et fondations. Même le meilleur dimensionnement de profilés ne résistera pas si la base cède sous l’effet du vent ou du gel. L’ancrage doit reprendre les efforts d’arrachement, de compression et de cisaillement générés par la structure. Selon la nature de votre terrain (meuble, rocheux, argileux, remblai), différentes techniques d’ancrage s’avèrent plus ou moins adaptées. Examinons les principales options pour sécuriser durablement vos fondations.
Installation de pieux vissés en acier galvanisé dans sols meubles
Les pieux vissés en acier galvanisé sont particulièrement adaptés aux sols meubles ou légèrement compacts, comme les terres agricoles, les jardins ou certains remblais stabilisés. Ils se présentent sous la forme de tiges métalliques munies d’une hélice ou d’une pointe spéciale permettant de les visser directement dans le sol à l’aide d’un levier ou d’une machine spécifique. Leur principal avantage ? Une mise en œuvre rapide, sans béton, et une possibilité de démontage en fin de vie de l’installation solaire. Pour un support de panneaux solaires au sol de petite à moyenne taille, cette solution est à la fois économique et écologique.
La profondeur d’ancrage dépendra de la hauteur de votre structure et des efforts de vent calculés. On vise généralement entre 80 cm et 1,5 m de profondeur pour des installations résidentielles. Plus le sol est meuble, plus il faudra enfoncer le pieu pour aller chercher une couche porteuse. Pour vérifier la qualité de l’ancrage, un test simple consiste à appliquer une force de traction progressive à l’aide d’un tire-fort ou d’un dynamomètre. Si la résistance mesurée dépasse largement les efforts d’arrachement calculés (avec une marge de sécurité d’au moins 1,5), vous pouvez valider votre solution de pieux vissés.
Coulage de plots béton avec scellements chimiques résine époxy
Les plots béton restent une référence pour les fondations de supports photovoltaïques au sol, surtout lorsque la charge est importante ou que le terrain est exposé. On réalise généralement des plots de section 30×30 cm à 50×50 cm, enterrés à au moins 50 à 80 cm de profondeur, voire plus en zone de gel prononcé. Une armature minimale (quatre fers verticaux reliés par des cadres) améliore la résistance aux efforts de flexion et de cisaillement. Une fois le béton coulé, il faut respecter un temps de cure suffisant avant de monter la structure, même si l’impatience se fait sentir.
Pour fixer vos montants, deux solutions sont possibles : noyer des tiges filetées dans le béton frais ou percer les plots une fois durcis et utiliser des scellements chimiques à base de résine époxy. Cette dernière méthode offre une excellente performance mécanique et permet de corriger un éventuel léger décalage lors du positionnement des platines. Pensez à dépoussiérer soigneusement les perçages et à respecter le temps de prise indiqué par le fabricant de résine. Vous obtiendrez ainsi un ancrage quasi monolithique entre le béton et la structure métallique, capable de reprendre de très fortes sollicitations.
Utilisation de longrines béton armé pour terrains instables
Sur des terrains instables, en pente ou hétérogènes (alternance de sols durs et mous), les longrines en béton armé peuvent offrir une solution plus homogène pour l’ancrage de vos supports de panneaux solaires. Il s’agit de poutres béton coulées en place ou préfabriquées, posées sur des appuis ponctuels ou continues, sur lesquelles vient se boulonner la structure métallique. Cette technique permet de “lier” plusieurs points d’ancrage et de répartir les charges sur une plus grande surface, un peu comme un ski qui flotte sur la neige plutôt qu’un simple pied qui s’enfonce.
Les longrines facilitent également l’alignement des montants verticaux, ce qui simplifie le montage des rails et modules photovoltaïques. Elles sont particulièrement intéressantes pour les grandes rangées de panneaux au sol (autoconsommation collective, petites centrales). Leur dimensionnement doit être réalisé avec soin, en tenant compte non seulement des charges verticales, mais aussi des moments de renversement générés par le vent. Si vous avez un doute sur la stabilité de votre terrain, la consultation d’un professionnel (maçon, ingénieur structure) pour la conception des longrines peut s’avérer un investissement très rentable.
Assemblage de la structure porteuse avec angle d’inclinaison optimisé
Une fois vos fondations prêtes, vient l’étape clé : l’assemblage de la structure porteuse de vos panneaux solaires au sol. C’est à ce moment que se joue l’angle d’inclinaison, déterminant pour votre production électrique annuelle. Un bon montage doit concilier robustesse, précision géométrique et, si possible, une certaine capacité d’ajustement saisonnier. En procédant avec méthode, vous obtiendrez un châssis rigide, parfaitement aligné et prêt à accueillir les modules photovoltaïques.
Fixation des rails horizontaux sur montants verticaux par boulonnerie
On commence généralement par sceller ou boulonner les montants verticaux sur les pieux ou platines de fondation, puis par y fixer les rails horizontaux qui recevront les panneaux. Ces rails, souvent disposés en deux lignes parallèles par rangée de modules, doivent être parfaitement alignés en hauteur et en plan pour éviter toute torsion des panneaux. L’assemblage se fait par boulons M8 ou M10, rondelles et écrous, avec des équerres ou brides de fixation adaptées. Un niveau à bulle ou un niveau laser vous permettra de contrôler précisément la planéité de l’ensemble.
Il est conseillé de ne pas serrer définitivement toute la boulonnerie dès le premier montage. Laissez un léger jeu pour ajuster l’horizontalité et l’angle d’inclinaison de votre support de panneau solaire au sol, puis effectuez un serrage final une fois tous les rails positionnés. Pensez également à l’accessibilité : prévoyez un espace suffisant entre le bas des panneaux et le sol pour faciliter le passage et le nettoyage (souvent au moins 40 à 60 cm). Cela contribue aussi à une meilleure ventilation des modules et donc à un rendement optimisé.
Réglage de l’angle d’inclinaison entre 25° et 35° selon la latitude
L’angle d’inclinaison optimal pour une installation de panneaux solaires au sol en France se situe généralement entre 25° et 35°, en fonction de votre latitude et de vos priorités (production hivernale ou estivale). À titre indicatif, pour un site autour de 45° de latitude, un angle d’environ 30° offre un bon compromis annuel. Si vous souhaitez privilégier l’hiver (période où la production est naturellement plus faible), vous pouvez augmenter l’angle de quelques degrés ; pour maximiser l’été, vous pouvez au contraire le réduire légèrement.
Concrètement, l’angle est défini par la longueur de vos montants arrière par rapport aux montants avant et par la hauteur de fixation des rails. Vous pouvez utiliser un inclinomètre ou une application mobile pour contrôler l’angle réel une fois la structure montée. Certains bricoleurs conçoivent des supports réglables avec plusieurs positions prédéfinies (hiver/mi-saison/été) en perçant des rangées de trous dans des platines ou bras d’inclinaison. Cette approche, un peu comme régler le dossier d’un transat, permet de gagner quelques pourcents de rendement annuel sans recourir à un système de tracking motorisé coûteux.
Installation des traverses et renforts diagonaux anti-déformation
Pour que votre support de panneau solaire au sol reste rigide dans le temps, les renforts diagonaux jouent un rôle essentiel. Sans eux, la structure peut se déformer en losange sous l’effet du vent, un peu comme une échelle sans barres de contreventement. On installe donc des traverses horizontales et des barres en diagonale entre montants et rails, formant des triangles qui verrouillent la géométrie. Ces renforts se fixent par boulonnage ou par soudure, selon la conception retenue.
Placez les diagonales en priorité sur les travées extrêmes et les zones les plus exposées au vent. Pour de longues rangées de panneaux, il est judicieux d’ajouter un contreventement intermédiaire tous les 2 à 3 modules. Vérifiez que vos renforts n’entravent pas le passage des gaines électriques ni l’accès aux connecteurs. Un dernier contrôle visuel de l’alignement des rails (vue de côté et de dessus) vous permettra de corriger immédiatement un éventuel défaut d’équerrage, bien plus simple à ajuster à ce stade qu’une fois les panneaux en place.
Techniques de soudure MIG-MAG pour assemblages définitifs
Si vous disposez du matériel et des compétences nécessaires, la soudure MIG-MAG peut être utilisée pour réaliser certains assemblages définitifs de votre structure de support pour panneaux solaires. Cette technique de soudure semi-automatique, utilisant un fil massif et un gaz de protection, offre des cordons réguliers et une bonne pénétration dans l’acier. Elle est particulièrement adaptée pour solidariser des cornières, des platines ou des renforts là où le démontage n’est pas envisagé. Veillez toutefois à toujours respecter les règles de sécurité (masque, gants, ventilation) et à travailler sur un support stable.
Après soudure, il est crucial de traiter soigneusement les zones chauffées, qui perdent leur protection galvanisée initiale. Un brossage métallique suivi de l’application d’une peinture riche en zinc ou d’un primaire anticorrosion s’impose. Dans certains cas, un mix boulonnage + petites soudures de maintien peut constituer un bon compromis entre rigidité et démontabilité. Si vous n’êtes pas à l’aise avec la soudure, ne prenez pas de risques : un assemblage 100% boulonné, bien conçu, reste tout à fait adapté à une structure de panneaux solaires au sol domestique.
Montage des modules photovoltaïques sur le châssis métallique
Une fois la structure porteuse montée et solidement ancrée, vient l’étape finale et la plus gratifiante : le montage des modules photovoltaïques sur votre support au sol. C’est à ce moment que votre projet prend réellement forme et que chaque détail de conception (espacement, alignement, orientation) va se traduire en production d’énergie. En suivant quelques règles simples, vous garantirez à la fois la sécurité mécanique des panneaux et leur rendement optimal.
Systèmes de fixation : clips de serrage et rails profilés schletter ou K2 systems
Les modules photovoltaïques se fixent généralement sur des rails profilés à l’aide de pinces intermédiaires et terminales, compatibles avec la plupart des marques de panneaux. Des systèmes comme Schletter, K2 Systems ou d’autres fabricants proposent des gammes complètes de rails et de clips de serrage adaptés aux épaisseurs de cadres aluminium standard (souvent 30 à 40 mm). Ces pinces exercent une pression uniforme sur le cadre, sans percer le module, ce qui préservera votre garantie constructeur.
Lors de l’installation, commencez par positionner les pinces terminales aux extrémités du panneau, puis les pinces intermédiaires entre deux modules adjacents. Respectez le couple de serrage recommandé par le fabricant (généralement autour de 8 à 12 Nm) afin d’éviter à la fois le desserrage et l’écrasement des cadres. Vous vous demandez si vous pouvez utiliser des solutions “maison” (équerres classiques, brides génériques) ? Techniquement possible, mais fortement déconseillé : les systèmes certifiés ont été testés en laboratoire pour résister aux efforts de vent et de neige, ce qui n’est pas le cas des bricolages improvisés.
Espacement entre panneaux pour ventilation et prévention des points chauds
Un espacement adéquat entre les panneaux sur votre support au sol est essentiel pour assurer une bonne ventilation et éviter les points chauds. L’air doit pouvoir circuler librement à l’arrière des modules afin d’évacuer la chaleur : plus un panneau chauffe, plus son rendement diminue (comptez environ -0,4 à -0,5% de puissance par degré au-dessus de 25°C). On laisse généralement un espace d’au moins 2 à 3 cm entre chaque module, et 10 cm ou plus entre l’arrière du panneau et la surface des rails ou de la tôle support.
En pratique, cet espacement facilite aussi le nettoyage et la maintenance, en permettant le passage d’un chiffon ou d’un tuyau d’arrosage entre les modules. Sur les grandes installations, un léger espace entre les rangées verticales limite également les ombrages mutuels en fin de journée ou en hiver lorsque le soleil est bas. Imaginez vos panneaux comme des radiateurs : plus ils sont serrés et confinés, plus ils auront du mal à dissiper la chaleur. En laissant un peu de “respiration” entre eux, vous optimisez à la fois leur longévité et leur production énergétique.
Orientation plein sud et évitement des zones d’ombrage portées
L’orientation plein sud reste la référence pour un support de panneaux solaires au sol en France métropolitaine, avec une tolérance d’environ ±15° sans perte majeure de rendement. Avant de fixer définitivement vos modules, prenez le temps de vérifier visuellement (et idéalement via une application de trajectoire solaire) l’absence d’ombres portées sur la surface des panneaux, notamment en hiver lorsque le soleil est plus bas. Un arbre, un mât ou même une cheminée à proximité peuvent réduire significativement la production, surtout si l’ombrage affecte plusieurs cellules d’un même module.
Si vous ne pouvez pas éviter certaines ombres, envisagez de segmenter votre champ photovoltaïque en plusieurs chaînes (strings) indépendantes ou d’utiliser des optimiseurs de puissance afin de limiter l’impact sur l’ensemble de l’installation. Le support au sol offre souvent plus de liberté qu’une toiture pour contourner ces contraintes : un léger déplacement de quelques mètres ou une variation de l’inclinaison peut parfois suffire à éliminer une ombre récurrente. Comme pour placer un fauteuil au soleil dans votre jardin, quelques essais de positionnement avant le serrage final peuvent faire toute la différence.
Mise à la terre et conformité aux normes NF C 15-100
Une fois la partie mécanique finalisée, la mise à la terre de votre support de panneaux solaires au sol et des cadres de modules est une étape obligatoire pour la sécurité des biens et des personnes. La norme NF C 15-100 et les guides UTE associés encadrent les conditions de raccordement des installations photovoltaïques basse tension. L’objectif est double : évacuer les courants de défaut éventuels vers la terre et limiter les surtensions liées à la foudre ou aux perturbations électriques. Négliger cette étape peut non seulement poser un problème de sécurité, mais aussi compromettre la prise en charge par votre assurance en cas de sinistre.
Concrètement, vous devez relier électriquement entre eux tous les éléments métalliques accessibles de la structure (rails, montants, cadres de panneaux) à l’aide de conducteurs de protection (souvent en cuivre vert/jaune, section minimale 6 mm² pour les petites installations, à confirmer selon votre schéma). Ces conducteurs sont ensuite raccordés à votre prise de terre principale, idéalement via un bornier de mise à la terre situé à proximité de l’onduleur ou du coffret de protection DC. L’utilisation de cosses, de griffes de mise à la terre spécifiques pour rails PV et de serre-câbles inox garantit la continuité électrique et la pérennité de la liaison.
Enfin, vérifiez la résistance de votre prise de terre à l’aide d’un appareil approprié (telluromètre) ou faites intervenir un électricien qualifié. Selon la configuration, des piquets de terre supplémentaires peuvent être nécessaires à proximité de la structure au sol pour respecter les exigences de la norme. Profitez-en pour contrôler l’ensemble des protections électriques de votre installation (disjoncteur, parafoudre, sectionneur DC) et vous assurer de leur conformité. Une installation photovoltaïque bien mise à la terre et conforme à la NF C 15-100, c’est un peu comme une voiture bien assurée et entretenue : vous profitez sereinement de votre production d’énergie, en toute sécurité, pendant de nombreuses années.